L’Unicef alerte sur les effets néfastes des aliments ultra-transformés sur les enfants

L’Unicef a publié le 3 décembre 2025 un rapport sur les risques que représentent les aliments ultra-transformés pour les enfants. Recensant l’ensemble des connaissances sur le sujet, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance signale des effets nocifs avérés et un non-respect des droits de l’enfant.

Un aliment ultra-transformé est un aliment ou boisson fabriqué par l’industrie agroalimentaire et qui inclut l’ajout de plus de cinq ingrédients. D’après le journal Sciences et Avenir, l’Unicef a publié en Septembre 2025 un rapport sur l’obésité infantile qui signale que le nombre d’enfants souffrant d’obésité infantile est désormais supérieur au nombre d’enfants et adolescents en insuffisance pondérale.  Cette inversion de la tendance est due à la fois à une amélioration de l’accès à l’alimentation qui réduit la dénutrition, mais également à une transformation des habitudes alimentaires, favorisant des aliments riches en sucre, en sel, en matières grasses, en additifs et en conservateurs. Ces éléments favorisant le goût, la texture, l’apparence et la durée de conservation des aliments.

« Partout dans le monde, les repas traditionnels, à base d’aliments entiers et peu transformés, sont de plus en plus remplacés par des régimes alimentaires dominés par les aliments ultra-transformés », écrit Joan Matji, directeur Nutrition et Développement de l’enfant à l’Unicef dans l’introduction du rapport.

« Les résultats scientifiques montrent que les aliments ultra-transformés contribuent à la malnutrition des enfants de deux manières. D’une part, ils augmentent le risque de surpoids et d’obésité car ils sont caloriques, appétissants et induisent une préférence à long terme chez les enfants. D’autre part, en se substituant à des aliments plus nutritifs et plus sains, ils créent des carences en micronutriments et nutriments essentiels, ce qui entraine des retards de croissance, comme le montrent des études récentes », explique à Sciences et Avenir Mauro Brero, conseiller en Nutrition et Développement de l’enfant à l’Unicef et co-auteur du rapport.

Les conclusions du rapport indiquent également que les enfants et les adolescents sont de plus en plus exposés aux aliments ultra-transformés, et ce dès leur plus jeune âge. Dans de nombreux pays à revenu élevé, plus de la moitié des calories quotidiennes des enfants proviennent de ces aliments, et dans les pays à revenu faible et intermédiaire, ce ratio, moins marqué, augmente rapidement.

L’Unicef et l’Oms recommande un ensemble de mesures juridiques et politiques

« Le marketing et la publicité ciblant les enfants sont particulièrement forts. Les boissons sucrées, comme le Coca-Cola, sont associées à une image positive, à de la joie », analyse Mauro Brero. Le rapport de l’Unicef démontre ainsi que les enfants et les adolescents constituent une population particulièrement vulnérable aux aliments ultra-transformés et ce, pour deux raisons. Premièrement, leur organisme est en plein développement et ils sont donc plus sensibles aux carences et aux perturbations métaboliques causées par ces aliments. Deuxièmement, ils sont plus sensibles aux stratégies marketing personnalisées et interactives et peinent à identifier les messages persuasifs.

« Plusieurs droits fondamentaux des enfants ne sont pas respectés : l’accès à une alimentation saine et de qualité, l’information sur les impacts de ces produits, la protection de leur vie privée et la non-discrimination, lorsque les publicités personnalisées exploitent leurs données personnelles », liste Mauro Brero.

L’Unicef, en collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), recommande finalement un ensemble de mesures juridiques et politiques à destination des gouvernements, de l’ONU, de la société civile et du monde académique afin de créer un environnement alimentaire sain pour les enfants.

En soulignant des coûts liés aux soins médicaux et à la perte de productivité, ils préconisent une réglementation du marketing, notamment un étiquetage simplifié et clair et une reformulation de certains aliments. L’accent est également mis sur la protection de l’allaitement maternel et la définition de normes alimentaires dans le cadre scolaire. Enfin, une proposition de taxes alimentaires sur les aliments ultra-transformés est présentée, dans le but de développer des subventions pour les aliments sains. « Ce n’est pas normal que les aliments bruts soient plus chers que les produits transformés. Il faut inverser cette tendance », conclut Mauro Brero.

Irénée Modeste Bidima

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