Cameroun: les coopératives se dotent d’un plan d’accompagnement pour faciliter la vente de leur cacao dans l’UE

L’objectif principal de ce plan d’accompagnement élaboré avec l’appui de la FAO est d’aider les coopératives à se conformer aux exigences du RDUE, qui interdit l’importation dans l’Union européenne de produits liés à la déforestation ou à la dégradation des forêts et ne respectant pas les lois du pays d’origine.

Les organisations de producteurs jouent un rôle central dans la structuration et le développement durable de la filière cacao. En tant qu’acteurs de proximité, elles assurent la représentation des producteurs, assurent la collecte des produits, facilitent l’accès aux intrants de qualité et aux financements, et contribuent au renforcement des capacités des coopérateurs. Toutefois, elles font face à plusieurs obstacles : faible capacité organisationnelle, accès limité au financement, manque d’infrastructures, et difficultés à se conformer aux normes nationales et internationales, notamment le nouveau règlement européen sur les produits zéro déforestation (RDUE).

Pour pallier ces défis, la FAO a été chargées de conduire une évaluation des capacités organisationnelles, fonctionnelle, techniques et financières des coopératives de cacao. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du « Cocoa Action 8 »[1], en lien avec le règlement européen 2023/1115 sur les produits « zéro déforestation ». Cette dernière fait partie d’un ensemble d’actions stratégiques baptisées « Cocoa Actions », issues du dialogue multipartite entre le Cameroun et l’Union européenne, visant à promouvoir une production de cacao plus équitable, traçable et respectueuse de l’environnement.

C’est dans ce cadre que s’est tenue l’atelier de présentation et de validation du rapport de l’évaluation des capacités des coopératives, ainsi que des plans de formation et d’investissement y affèrent. Cette rencontre visait à recueillir les suggestions d’amélioration des parties prenantes et à valider les plans, sous réserve de l’intégration des recommandations formulées.

L’atelier a réuni une cinquantaine de participants issus de divers maillons de la filière cacao au Cameroun. Cette diversité comprenait des représentants de l’administration publique, du secteur privé, des organisations de producteurs, de la société civile, des ONG internationales, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des organismes de certification et d’encadrement.

Valoriser le système agroforestier du cacao camerounais comme modèle durable.

Au terme de cette rencontre, plusieurs recommandations ont été formulées. Il s’agit notamment de la structuration des besoins selon les exigences de la RDUE et l’implication de tous les maillons de la chaîne de valeur. Aussi, la priorité pour les coopératives doit porter sur le géoréférencement des parcelles, tout en valorisant le système agroforestier du cacao camerounais comme modèle durable. Enfin, la mise en œuvre des résultats de l’étude devra s’accompagner d’une sensibilisation accrue des acteurs aux exigences de la RDUE. Ces recommandations permettront d’ajuster les plans avant leur mise en œuvre, ouvrant ainsi la voie à des investissements structurants et à un accompagnement renforcé des coopératives.

Les plans révisés à l’issue de cet atelier constituent désormais la feuille de route opérationnelle pour accompagner les organisations de producteurs vers une production de cacao conforme aux standards internationaux de durabilité. Ce jalon marque une étape décisive dans la transformation de la filière cacaoyère camerounaise, en lien avec les engagements économiques, environnementaux et sociaux du pays.

Cette initiative stratégique ouvre la voie à des investissements structurants et à un accompagnement renforcé des organisations de producteurs, pour un cacao camerounais durable, traçable et sans déforestation.

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