Cameroun : les agriculteurs se forment sur la fabrication des biofertilisants.

Une journée d’information et de formation sur la fabrication des biofertilisants s’est tenue au siège de l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic) à Yaoundé, le 20 février dernier au profit des entrepreneurs ruraux.

Cette rencontre a été organisée par le Service d’Appui aux Initiatives Locales de développement (SAILD), dans le cadre de son projet Pôle de Connaissances pour l’Agriculture Biologique et l’Agroécologie en Afrique Centrale (PCAC) financé par la coopération allemande. L’objectif de cette assise était de mettre à la disposition du public, et en particulier des petits producteurs, des informations précises sur la particularité de ce type d’intrant agricole, ainsi que des itinéraires techniques simplifiés de fabrication de biofertilisants. Une aubaine en cette veille de première campagne agricole 2026.  Cette journée d’information a également servi de cadre de commémoration du 5ème anniversaire du décès de Bernard Njonga, qui a beaucoup œuvré pour l’essor du monde paysan au Cameroun et en Afrique. Une exposition de photos illustrant plusieurs combats que l’ingénieur agronome de renom a menés avec brio jouxtaient le lieu de l’évènement. Cette rencontre a été animée de bout en bout par Azombo Ella Julien, expert-formateur en agroécologie et en agriculture biologique qui a fortement édifié l’auditoire. La modération était assurée par Apollinaire Tetang, Ingénieur agronome en service au SAILD chargé de la diffusion des connaissances dans le projet PCAC.

Une opportunité d’apprentissage pratique

Cette journée d’information s’est articulée autour de 3 principaux axes : des exposés théoriques, des démonstrations pratiques et des sessions d’échanges et questions-réponses avec l’auditoire. « Les biofertilisants au Cameroun, incluant le compost, le biochar et les micro-organismes, boostent les rendements agricoles tout en restaurant la santé des sols et la biodiversité. Ils réduisent la dépendance aux engrais chimiques coûteux, augmentent la rentabilité des petits producteurs et favorisent une agriculture durable et plus résiliente » a affirmé d’entrée Azombo Ella Julien.Les participants ont appris séance tenante à fabriquer les biofertilisants suivants : l’engrais liquide complet, les microorganismes efficaces (EM) à base de son de blé, et l’engrais foliaire à base d’agrumes.

Un sentiment de satisfaction se lisait sur les visages au terme de cette formation. Noutsa Félix, maraîcher et maïsiculteur venu spécialement de Bonepoupa près de Yabassi a confié à agroforêt : « cet apprentissage sur la fabrication des biofertilisants était très intéressant. J’ai vraiment compris l’importance d’utiliser ces engrais naturels à la place des engrais chimiques. Je me propose d’ailleurs de me rendre à Mfou lundi prochain pour me perfectionner davantage en touchant du doigt  ce qui est fait sur place par l’expert-formateur Azombo » a-t-il déclaré.

De manière générale, il faut noter que l’on a au moins 5 bonnes raisons d’utiliser les biofertilisants : ils répondent aux contraintes environnementales ; ils améliorent le potentiel nutritif du sol ; ils améliorent la production végétale ; ils conservent la rentabilité de l’exploitation : ils s’appliquent de la même façon que les engrais classiques.

Francine Souga

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