Le quartier Mbockoulou situé dans la zone périurbaine de Mbalmayo a connu une effervescence particulière le 10 Décembre dernier, avec la tenue de la journée portes ouvertes du site d’expérimentation des pratiques agroécologiques de cette ville. Fruit du projet mené par le SAILD, l’IRAD et la coopérative SCOOPMAN.
Cette rencontre s’est déroulée dans ledit espace de recherche en présence de Dr Francis Ngome le Directeur général adjoint de l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement (IRAD), de Hozier Nana le Secrétaire Général du Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD), des membres de la Société Coopérative des producteurs de Manioc (SCOOPMAN) et de nombreux invités et curieux. Après trois mois d’intenses activités agricoles tripartites, la curiosité était grande de savoir à quoi ont finalement abouti cette expérimentation des pratiques agroécologiques de fertilisation organique et naturelle sur le maïs. Il s’agissait notamment de l’association des cultures (ici c’est l’association maïs-arachide) et l’apport d’une fumure organique de fond pour amender le sol décliné en 2 biofertilisants distincts : soit l’apport de la fiente, soit l’apport du biochar. Avec à chaque fois un bloc témoin pour différencier les effets. Le rendu de cette recherche participative a été largement à la hauteur des attentes, cela est ressorti après une visite guidée des différents blocs par les participants qui ont pu constater eux-mêmes les premiers résultats comparatifs de chaque pratique agroécologique. Les échanges qui ont suivis ont permis aux véritables destinataires des travaux de cette expérimentation que sont les producteurs de SCOOPMAN de livrer leurs impressions à l’issue du processus de recherche. Nlam Jean Frédéric a participé à toutes les activités : « J’ai beaucoup appris durant cette initiative, la pratique agroécologique qui m’a le plus impressionné est l’utilisation des fientes pour fertiliser le maïs. Suivi de l’association mais-arachide. J’ai également compris l’importance du choix du site et du semis en ligne pour avoir de bons résultats » a-t-il indiqué.
L’utilisation des technologies agroécologiques pour booster la production agricole
Toua Daniel Eloundou, un jeune entrepreneur agricole envisage quant à lui de mettre à profit les enseignements reçus et même de pousser plus loin en expérimentant la combinaison du biochar et des fientes pour fertiliser son champ de maïs lors de la prochaine campagne agricole. Ngo Minyem épouse Nnomendoue la Pca de SCOOPMAN quant à elle estime qu’au travers de ces essais : « elle a appris à évaluer et à choisir par elle-même ce qu’elle peut utiliser comme biofertilisants dans ces futurs champs de maïs ».
Pour l’IRAD et le SAILD, il est désormais question de multiplier ce type d’initiative. « Nous sommes contents de ce que nous avons constaté sur le terrain, il y a une différence significative entre les différents traitements. Cela montre que l’utilisation des technologies agroécologiques peut booster la production agricole au Cameroun sans recourir aux produits chimiques. Nous avons commencé à Mbalmayo, mais on va étendre cette initiative dans les autres régions du Cameroun » a souligné le Dr Francis Ngome. Même son de cloche du côté du SAILD. « Nous sommes satisfaits de voir le travail qui a été réalisé ici avec les producteurs. Nous avons vu comment il est possible d’apporter les solutions aux producteurs avec les producteurs. Nous sommes émerveillés du niveau d’appropriation de ces pratiques agroécologiques par les producteurs, comment ils les expliquent par leurs propres mots. On voit que ces producteurs sont vraiment convaincus par ce qu’ils ont fait. Cela est très encourageant et nous allons continuer dans cette collaboration avec l’IRAD pour promouvoir l’agroécologie » a déclaré le Secrétaire Général du SAILD.
Irénée Modeste Bidima
