Le nombre d’espèces de mauvaises herbes identifiées comme résistantes au glyphosate est passé à 47 en 2019. Mais les cultures génétiquement modifiées soja, maïs, sorgho et coton continuent d’en utiliser.
D’après la Commission géologique des Etats-Unis et sur la base de l’enquête internationale sur la résistance des mauvaises herbes aux pesticides, le nombre d’espèces de mauvaises herbes identifiées comme résistantes au glyphosate est de 47 en 2019. C’est en 2002 que les premières mauvaises herbes résistantes au Roundup sont apparues aux Etats-Unis, plus précisément dans le Tennessee et le Missouri. Pour faire face à cette situation, les agriculteurs américains ajoutent deux nouveaux herbicides en complément du glyphosate : le XtendiMax à base de Dicamba produit par Bayer et Enlist à base de 2,4D produit par Corteva.
La résistance des mauvaises herbes au glyphosate (mais aussi aux autres herbicides) constitue un grave problème, car il exige que les agriculteurs procèdent à des applications plus abondantes ou plus fréquentes, ou encore qu’ils recourent à des mélanges d’herbicides.
Malheureusement l’ajout du XtendiMax vient aussi compliquer la situation car son utilisation endommage les cultures voisines du fait que son principe actif s’évapore et se dépose sur les autres cultures. Rappelons que le glyphosate est un herbicide non sélectif à action systémique, ce qui signifie qu’il éradique la totalité de la végétation sur son lieu d’application. Il s’utilise en pré-levée et agit après la germination de la graine, quand la plante a commencé à grandir.
Une menace pour la santé et l’environnement.
Si le glyphosate a été classé cancérogène probable par le Centre international de recherche sur le cancer de l’OMS en 2015, le 2,4-D est lui classé « possiblement cancérogène » soit un cran en dessous du risque attribué au glyphosate. La résistance des mauvaises herbes au glyphosate est un grave problème, car cela augmente non seulement les risques pour la santé et l’environnement, mais aussi les coûts pour les producteurs. Monsanto a ainsi commencé au début des années 2010 à offrir des rabais aux agriculteurs qui utilisaient des herbicides autres que le Roundup pour contrôler les plantes résistantes au glyphosate.
En Europe une étude a montré que les sols sont aussi largement contaminés par le glyphosate et ses métabolites qui sont les molécules les plus représentées (respectivement 2 mg et 1,9 mg /kg de terre). Il faut préciser que l’introduction des cultures génétiquement modifiées (GM) tolérantes au glyphosate en Occident a décuplé les ventes de cet herbicide ses dernières années. Derrière le glyphosate se cache l’économie des semences OGM. L’enjeu de l’arrêt du glyphosate dans un pays comme la France est bien plus grand qu’il n’y parait. Car si l’on interdit l’usage du glyphosate en France, pourquoi dans ce cas autoriser l’importation de soja GM cultivé avec celui-ci ? La controverse demeure.
Source : Newslater Plateforme Osaé. Restez informé n°17
