D’après l’édition de l’œil du Sahel du N° 2363 du lundi 1er Juin 2026, les producteurs de blé de cette partie du pays croulent sous le poids des invendus à cause de la faible demande locale. Ce qui est un paradoxe pour le Cameroun qui veut limiter les importations de blé.
Dans les montagnes de Moyo-Moskota dans le département du Mayo-Tsanaga à l’Extrême-Nord du Cameroun, des milliers de sacs de blé sont entassés dans les concessions, les magasins de fortune et parfois même à ciel ouvert faute d’acheteurs. Dans plusieurs villages de cette localité dont les terres sont très favorables à la culture de cette céréale, les producteurs cèdent progressivement au découragement. Après des durs mois de labeur, ils assistent impuissants à la mévente de leur récolte. Les quelques rares clients viennent du Tchad, pour acheter des quantités limitées qui ne peuvent pas absorber la forte offre locale. Dans le même temps, le Cameroun continue d’importer massivement le blé de l’étranger. On a l’impression que quelque chose ne tourne pas rond entre les ambitions affichées par les pouvoirs publics et la réalité sur le terrain.
Les importations de blé se situent autour de 900 000 tonnes par an
Pourtant ces dernières années, le gouvernement a pris l’option de miser à la fois sur les projets de culture locale du blé et de substitution partielle de la farine de blé par des farines issues de cultures locales (manioc, maïs, plantain, patate douce) pour mettre fin à la saignée. Les errements actuels sont certainement dus à l’organisation de la filière qui n’est pas encore structurée et huilée. Il faut urgemment rectifier le tir.
Le blé peut être cultivé dans les hautes terres de l’Adamaoua, du Nord-Ouest et de l’Extrême-Nord, où les températures sont relativement favorables. Le gouvernement a engagé plusieurs programmes visant à développer cette culture dans le cadre de la stratégie d’import-substitution et de sécurité alimentaire.
Selon les données reprises dans les documents gouvernementaux et les analyses sectorielles, le Cameroun importe encore l’essentiel du blé consommé sur son territoire. Les importations se situent autour de 887 000 à 1 million de tonnes par an selon les années, pour une facture comprise entre 178 et 214 milliards FCFA.
Irénée Modeste Bidima
