L’assemblée générale constitutive présidée le 5 juin dernier par le ministre en charge de l’Environnement a permis de poser les bases de cet outil destiné à mieux gérer les ordures
Le 1er juillet 2025 marquera le lancement opérationnel de la Bourse nationale des déchets du Cameroun. Ainsi l’a promis Hélé Pierre, le ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable (Minepded) jeudi dernier au cours de l’assemblée générale constitutive de cet outil en présence des différents actionnaires. Neuf ans après la décision de sa mise en place, la Bourse est donc là. L’acte de naissance de cette société d’économie mixte avec conseil d’administration et direction générale a été signé au terme de la rencontre tenue à huis clos. Cet outil dont le cahier de charges est de mettre en relation les détenteurs de déchets et ceux qui peuvent les acheter pour une valorisation. Plus précisément, Hélé Pierre la définit comme une plateforme électronique, un carrefour qui met en relation générateurs de déchets et structures de valorisation, facilitant ainsi le réemploi, le recyclage et la transformation des déchets à fort potentiel économique.
L’Etat et les collectivités territoriales comme locomotives
Entre autres acteurs concernés, les collectivités territoriales, les industriels, les artisans, les commerçants, les récupérateurs et autres entreprises agréées. « Aujourd’hui encore, de nombreuses filières de déchets-métaux, plastiques, batteries usagées, papiers, sciures, déchets électro niques-restent mal organisées, freinant leur valorisation et limitant l’accès à des matières premières secondaires pourtant essentielles. Ce manque de structuration engendre des pertes économiques, réduit les opportunités d’emplois et accentue les risques environnementaux », a expliqué Hélé Pierre. D’où l’option de créer la Bourse nationale des déchets. Les bénéfices explique-t-on, sont nombreux. Sur le plan écologique, il y aura réduction significative de l’impact des déchets sur l’environnement et la santé; sur le plan économique, la création d’emplois verts, l’optimisation des filières de valorisation et le renforcement des opportunités d’investissement. « Toutefois, la Bourse ne dispense en aucun cas ses utilisateurs du respect des réglementations nationales en vigueur sur la gestion des déchets. Les actionnaires de cette Bourse sont au nombre de 15 pour le moment. « L’Etat central lui-même, deux collectivités territoriales décentralisées, et 12 acteurs privés. Ces privés qui peuvent aussi être des acheteurs parce que ce sont les entreprises qui opèrent dans le secteur de l’environnement et du recyclage de façon spécifique mais initialement ce sont des actionnaires », a expliqué Dr Guy Roland Olinga, expert.
Cameroon Tribune du 9 Juin 2025
